
Planter un cerisier
Planter un cerisier est une aventure passionnante pour tout jardinier, qu’il soit débutant ou expérimenté. Réputé pour ses magnifiques floraisons printanières et ses fruits savoureux, le cerisier apporte un atout décoratif et gustatif de choix dans le jardin ou le verger familial. Toutefois, réussir la plantation d’un cerisier ne se résume pas à faire un trou, y déposer l’arbre et espérer qu’il se développe. Il convient de prendre en compte plusieurs facteurs : la variété, le climat, la préparation du sol, le choix du porte-greffe, la période de plantation, et enfin l’entretien sur le long terme.
Comprendre le cerisier et ses exigences
Le cerisier, dont le nom botanique est Prunus cerasus pour le griottier (cerise acide) et Prunus avium pour les cerises douces, est un arbre fruitier de la famille des Rosacées. Originaires de zones tempérées d’Europe et d’Asie, les cerisiers se déclinent en de nombreuses variétés. Certains produisent des cerises douces idéales à croquer, d’autres des cerises plus acides qui font le bonheur des confitures, des pâtisseries et des conserves. D’autres encore sont ornementaux, parfois appelés « cerisiers à fleurs », qui ne produisent pas de fruits comestibles, mais offrent un spectacle floral remarquable.
Avant de planter un cerisier, vous devez impérativement vous poser quelques questions fondamentales :
- Quelles variétés sont adaptées à mon climat et à mon sol ?
- Où installer l’arbre pour qu’il dispose d’un bon ensoleillement ?
- Quel type de porte-greffe choisir pour une croissance adaptée à l’espace disponible ?
Répondre à ces questions vous permettra de gagner du temps, d’éviter les déceptions liées à un arbre mal adapté et de garantir de meilleures récoltes dans le futur.
Pourquoi planter un cerisier ?
Le cerisier est un arbre polyvalent qui convient aussi bien aux amateurs de jardinage qu’aux passionnés de nature. Il offre plusieurs avantages :
- Esthétique : ses fleurs printanières apportent une touche élégante et poétique à votre jardin.
- Production de fruits : les cerises, appréciées pour leur goût sucré ou acidulé, peuvent être utilisées fraîches, en confiture ou en pâtisserie.
- Biodiversité : cet arbre attire les abeilles et les pollinisateurs, favorisant ainsi un écosystème sain.
Avant de planter un cerisier, il est important de bien s’informer sur ses besoins spécifiques pour garantir son développement optimal.

Choisir la bonne variété
Il existe deux grandes catégories de cerisiers :
- Les cerisiers doux (Prunus avium) : idéaux pour les cerises sucrées comme les variétés ‘Burlat’ ou ‘Reverchon’.
- Les cerisiers acides (Prunus cerasus) : parfaits pour des cerises destinées à la cuisine, telles que la griotte de Montmorency.
Votre choix doit prendre en compte plusieurs facteurs :
- Climat : les cerisiers doux préfèrent les régions au climat doux, tandis que les cerisiers acides sont plus résistants au froid.
- Espace disponible : certaines variétés, comme les cerisiers nains, conviennent aux petits jardins ou à la culture en pot.
- Type de sol : privilégiez un sol bien drainé, légèrement acide à neutre.
Pollinisation et rendement
La plupart des cerisiers ont besoin d’une pollinisation croisée, c’est-à-dire d’une autre variété de cerisier compatible à proximité pour fructifier abondamment. Cependant, certaines variétés, dites auto-fertiles, peuvent produire des fruits même sans la présence d’un autre cerisier.
Si vous souhaitez maximiser votre récolte, renseignez-vous sur la compatibilité des variétés. Par exemple, ‘Burlat’ s’entend très bien avec ‘Napoléon’ ou ‘Van’, tandis que ‘Stella’ est auto-fertile et peut se débrouiller seule. La présence d’insectes pollinisateurs (abeilles, bourdons, etc.) est également cruciale. Pour les attirer, évitez l’usage d’insecticides, et envisagez de planter des fleurs mellifères autour de votre cerisier.
Conditions climatiques et exposition
Le cerisier est un arbre qui aime la lumière. Pour maximiser sa fructification et favoriser une floraison abondante, il est préférable de le planter en situation ensoleillée, à l’abri des vents froids dominants. Dans l’hémisphère nord, on privilégie souvent une exposition au sud ou sud-est afin de bénéficier des premiers rayons du soleil et d’une bonne chaleur tout au long de la journée.
- Climat : Le cerisier s’acclimate très bien dans la plupart des régions tempérées. Il peut supporter des températures fraîches en hiver, nécessaires à la mise en repos végétatif. Cependant, des gelées tardives au printemps peuvent endommager la floraison et réduire le rendement.
- Protection contre le vent : Les vents forts peuvent casser les branches, disperser prématurément les fleurs ou perturber la pollinisation. Installer le cerisier dans un endroit légèrement protégé (à proximité d’une haie brise-vent par exemple) améliore ses chances de floraison et de fructification.
- Préparation du sol
Le sol doit être bien drainé, léger, riche en nutriments et légèrement acide ou neutre (pH compris entre 6 et 7). Un sol trop calcaire peut provoquer une chlorose (feuillage jaunissant), tandis qu’un sol asphyxiant (mal drainé) peut contribuer au développement de maladies racinaires.
Pour améliorer la structure et la fertilité du sol, il est recommandé d’incorporer :
- Du compost mûr ou du fumier bien décomposé : pour apporter des nutriments et améliorer l’activité biologique.
- Un peu de sable grossier ou de gravier : si le sol est trop lourd ou argileux, cela améliorera le drainage.
- Du terreau de plantation : si la terre est très pauvre ou trop compacte, le terreau viendra l’alléger et la bonifier.
Planter un cerisier en pot
Il est tout à fait possible de cultiver un cerisier sur un balcon ou une terrasse, à condition d’opter pour un porte-greffe adapté (type “nanifiant”) et un contenant suffisamment profond et large (au moins 40 cm de diamètre). Choisissez un substrat de qualité, composé de terreau riche et de matière organique, pour favoriser l’enracinement et la rétention d’eau. Pensez à disposer une couche de drainage (billes d’argile ou gravier) au fond du pot pour éviter l’excès d’humidité. Un arrosage régulier, notamment pendant les périodes chaudes, et des apports d’engrais organique en fin d’hiver et en début de printemps permettront à votre cerisier de bien fructifier. Surveillez également les signes de sécheresse, car le substrat se dessèche plus vite en pot qu’en pleine terre. Avec un bon entretien et une taille adaptée, vous profiterez de jolies floraisons et de petites récoltes de cerises même en espace restreint.

Quand planter son cerisier ?
La période de plantation du cerisier dépend principalement du type de plant que vous avez (racines nues ou en conteneur) et du climat de votre région.
- Plant en racines nues : Le cerisier est généralement commercialisé et planté durant la période de repos végétatif, c’est-à-dire de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver, hors périodes de gel. Planter en automne (octobre-novembre) reste l’idéal, car les pluies hivernales et le sol encore relativement doux facilitent l’enracinement avant le printemps.
- Plant en conteneur : Le cerisier vendu en pot peut se planter presque toute l’année, à condition d’éviter les fortes gelées et les périodes de canicule. Il est néanmoins préférable de choisir l’automne ou le début du printemps pour un meilleur établissement.
Planter à l’automne donne à l’arbre le temps de s’installer et de développer ses racines en douceur, sans être soumis au stress estival. En revanche, si votre climat est particulièrement froid en hiver, une plantation au début du printemps peut permettre d’éviter les gelées les plus rigoureuses.
Matériel nécessaire
Planter un cerisier demande quelques outils et un peu de préparation. En ayant tout sous la main, vous gagnerez du temps et éviterez de stresser l’arbre en le laissant exposé trop longtemps avant sa mise en terre.
- Bêche ou pelle Pour creuser un trou de plantation assez large et profond, retourner la terre et la mélanger avec un amendement (compost ou fumier).
- Fourche-bêche Idéale pour aérer les sols compacts et casser les mottes en douceur, favorisant la bonne installation des racines.
- Tuteur robuste Indispensable pour stabiliser le jeune cerisier, surtout en cas de vent fort ou de sol meuble. Enfoncez-le avant de mettre l’arbre en place.
- Liens de tuteurage souples Évitez de blesser l’écorce en choisissant des attaches en caoutchouc ou en fibre naturelle. Laissez un léger jeu pour ne pas comprimer le tronc.
- Compost ou fumier bien décomposé Apport de nutriments et amélioration de la structure du sol. Mélangez-en à la terre de plantation pour stimuler la reprise du cerisier.
- Sécateur Permet de supprimer les racines ou rameaux endommagés. Utilisez-le également pour une taille légère de formation si nécessaire.
- Arrosoir ou tuyau d’arrosage Un arrosage abondant après la mise en terre est crucial pour chasser les poches d’air et favoriser le contact entre racines et terre.
Étapes clés pour une plantation réussie : du pralinage à l’arrosage
Étape 1 : Taille préliminaire des racines
Lorsque votre cerisier est livré en racines nues, prenez le temps d’inspecter son système racinaire. Coupez proprement toutes les racines abîmées, cassées ou trop longues à l’aide d’un sécateur bien affûté et désinfecté. Cette légère taille stimule la formation de nouvelles radicelles saines et réduit les risques d’infection. L’objectif est d’offrir à l’arbre un démarrage vigoureux, sans parties mortes ou blessées qui pourraient servir de porte d’entrée aux maladies ou favoriser la pourriture.
Étape 2 : Pralinage
Encore réservé aux plants en racines nues, le pralinage consiste à plonger ou enrober les racines dans une boue faite de terre de jardin, d’eau et éventuellement d’un peu de compost ou de fumier bien décomposé. Ce mélange riche en micro-organismes protège les racines du dessèchement le temps de la mise en terre, facilite la reprise et favorise l’installation d’une flore microbienne bénéfique. Il est recommandé de laisser les racines s’imprégner quelques minutes pour maximiser l’efficacité de cette opération.
Étape 3 : Taille de formation
Avant de procéder à la plantation, examinez rapidement la structure des branches du jeune cerisier. Coupez celles qui sont mortes, mal orientées ou qui se croisent. Vous pouvez également raccourcir légèrement les rameaux pour équilibrer la proportion entre la masse aérienne et les racines, surtout après leur taille préliminaire. Une taille trop radicale est déconseillée : l’arbre doit conserver suffisamment de bourgeons pour développer une ramure robuste et stimuler la photosynthèse dès ses premiers jours.
Étape 4 : Creuser le trou
Un trou de plantation suffisamment large et profond est indispensable pour permettre aux racines de s’étendre. Idéalement, prévoyez un trou d’au moins 50 cm en largeur et en profondeur, davantage si vous avez un sujet vigoureux ou un sol particulièrement compact. Ameublissez bien le fond à l’aide d’une fourche-bêche pour rompre les couches dures et faciliter la pénétration des racines. Mélangez la terre extraite avec du compost mûr, ce qui apportera un complément nutritif essentiel.
Étape 5 : Positionner le tuteur
Avant même d’installer votre cerisier, introduisez un tuteur solide (en bois, métal ou bambou) dans le trou. Enfoncez-le suffisamment pour assurer sa stabilité, car il devra maintenir l’arbre en place pendant au moins un à deux ans. En procédant de la sorte, vous évitez de heurter ou de blesser les racines fragiles une fois le cerisier en terre.

Étape 6 : Placer l’arbre
Installez délicatement le cerisier dans le trou, en veillant à positionner le collet juste au niveau du sol. Le collet, zone charnière entre les racines et le tronc, ne doit être ni trop enterré (risque de pourrissement) ni trop haut (racines exposées à l’air). Assurez-vous également de bien orienter l’arbre : il est souvent judicieux de placer la face la plus ramifiée ou la plus robuste dans la direction des vents dominants pour mieux résister aux intempéries.
Étape 7 : Reboucher et tasser
Mélangez une partie de la terre extraite avec du compost (ou du fumier bien décomposé) puis rebouchez le trou progressivement. Tassez modérément avec le pied autour des racines pour éliminer les poches d’air et garantir un bon contact terre-racines. Évitez toutefois de trop compacter la terre, afin de permettre une circulation de l’air et de l’eau suffisante au niveau racinaire.
Étape 8 : Arroser
Procédez à un arrosage abondant dès que le trou est rebouché, même si le sol est déjà humide. Cet apport d’eau a pour rôle de faire adhérer la terre aux racines, d’évacuer les bulles d’air restantes et de favoriser la reprise rapide du cerisier. À l’avenir, surveillez l’humidité du sol, notamment au cours de la première année, car les jeunes arbres sont plus sensibles à la sécheresse.
Étape 9 : Attacher l’arbre au tuteur
Pour finir, fixez le tronc au tuteur à l’aide d’un lien souple (caoutchouc ou fibre naturelle) en laissant un léger jeu. L’arbre doit pouvoir bouger légèrement afin de renforcer son tronc tout en étant soutenu suffisamment pour résister aux coups de vent. Vérifiez régulièrement la tension du lien durant la phase de croissance et détendez-le au besoin : un lien trop serré peut blesser l’écorce ou étouffer l’arbre.
En appliquant ces étapes avec soin et méthode, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que votre cerisier développe un système racinaire solide, s’enracine profondément et entame sa croissance dans les meilleures conditions possibles. Vous profiterez ainsi, à terme, d’un arbre productif et en pleine santé.
Astuces supplémentaires pour une plantation réussie
- Paillage : appliquez une couche de paillis organique autour de la base du cerisier (sans toucher le tronc) pour conserver l’humidité et limiter la pousse des mauvaises herbes.
- Protéger le tronc : si vous plantez en automne ou dans une région venteuse, enveloppez la base du tronc avec une gaine de protection pour éviter les blessures dues au gel ou au vent.
- Observation : surveillez l’arbre pendant les premières semaines pour vous assurer qu’il ne se désaligne pas ou ne montre pas de signes de stress (feuilles jaunies ou flétries).
Les erreurs courantes à éviter
- Enterrer le point de greffe : Si le point de greffe se retrouve sous terre, le porte-greffe peut émettre des rejets et perturber le développement de la variété greffée.
- Oublier le drainage : Les cerisiers n’aiment pas avoir les racines dans l’eau stagnante. Planter en sol lourd et mal drainé sans aménager un drainage adéquat favorise les maladies racinaires.
- Trop arroser : Un excès d’eau asphyxie les racines. Il vaut mieux arroser moins souvent, mais en plus grande quantité, plutôt que de trop fréquents et petits arrosages.
- Négliger la taille : Un cerisier non taillé peut rapidement devenir trop dense, et la fructification diminue avec le manque de lumière à l’intérieur de la ramure.
- Planter une variété non adaptée au climat : Certaines variétés sont plus sensibles au gel ou à la sécheresse. Se renseigner sur leurs besoins permet d’éviter bien des déconvenues.

Entretien et soins après la plantation
Une fois le cerisier en terre, son développement et sa productivité dépendront de la qualité de l’entretien que vous lui accorderez.
Arrosage
Durant la première année de plantation, un arrosage régulier et adapté s’avère essentiel. Les racines n’ayant pas encore colonisé toute la parcelle, elles peuvent vite se retrouver en situation de manque d’eau, surtout en période sèche. Un arrosage copieux mais espacé (pour éviter l’asphyxie racinaire) est préférable à de petites quantités quotidiennes.
Paillage
Le paillage du pied du cerisier aide à conserver l’humidité, limite la concurrence des mauvaises herbes et apporte peu à peu de la matière organique au sol. Vous pouvez utiliser :
- Du paillis de chanvre
- De la paille hachée
- Des écorces de pin (en quantité modérée, car elles peuvent acidifier le sol)
- Des feuilles mortes broyées
En plus de conserver l’humidité, le paillis protège le système racinaire contre les variations brusques de température.
Taille de formation et d’entretien
Les premières années, il est important de guider la croissance de votre cerisier afin d’obtenir une charpente solide. La taille de formation consiste à supprimer les branches qui se croisent, celles qui sont trop faibles ou mal orientées. Une fois la structure établie, la taille d’entretien s’avère généralement légère : il s’agit d’enlever chaque année le bois mort et les rameaux malades, ainsi que d’ouvrir un peu le centre de l’arbre pour favoriser la pénétration de la lumière et de l’air.
Fertilisation
Un cerisier bien nourri est un cerisier qui fructifie de manière régulière. À l’automne, il est conseillé d’apporter au pied un compost bien mûr ou un engrais organique pour reconstituer le stock de nutriments du sol. Évitez les excès d’azote, car ils favorisent le développement du feuillage au détriment de la fructification.
Protection contre le gel
Les gelées tardives peuvent compromettre la floraison et donc la récolte. Si vous vivez dans une région où ce risque est élevé, placer votre cerisier dans un endroit abrité ou employer un voile de protection lors des nuits particulièrement froides peut faire la différence.
Maladies et ravageurs
Comme la plupart des arbres fruitiers, le cerisier est sensible à quelques maladies et attaques de parasites. Mieux vaut connaître en amont les principaux problèmes pour mieux les anticiper et agir rapidement.
- La moniliose : Causée par un champignon, la moniliose se manifeste par un flétrissement des fleurs, des taches brunes sur les fruits et la formation de momies (fruits desséchés) qui restent collées sur l’arbre. Une bonne aération de la ramure, la suppression des fruits malades et un traitement préventif à la bouillie bordelaise (avant la floraison et après la chute des pétales) peuvent limiter les dégâts.
- La gommose : La gommose se caractérise par l’écoulement d’une substance gommeuse sur le tronc ou les branches. Elle signale souvent un stress de l’arbre : blessure, sol trop humide, attaque de champignon, etc. Pour y remédier, il convient de traiter la cause (améliorer le drainage, protéger les plaies de taille, etc.).
- Les pucerons : Très fréquents, les pucerons se nourrissent de la sève et affaiblissent le cerisier. Pour lutter contre eux, vous pouvez recourir à des coccinelles, traiter avec du savon noir ou des décoctions de plantes (ortie, prêle). Limiter l’usage d’insecticides chimiques est préférable, car ils nuisent à la biodiversité et aux pollinisateurs.
La mouche de la cerise
Ce petit insecte pond ses œufs dans les fruits en formation, provoquant des dégâts internes et un pourrissement précoce. Plusieurs stratégies de lutte existent, comme la pose de pièges chromatiques (plaques collantes jaunes) ou l’utilisation de filets anti-insectes.
Assurer une prévention régulière, surveiller l’état du cerisier, favoriser la biodiversité (insectes auxiliaires, oiseaux, etc.) sont les clés pour maintenir un équilibre sanitaire et éviter la prolifération des maladies et nuisibles.
Récolte et utilisation des cerises
Une fois que votre cerisier aura atteint sa maturité de production (généralement 3 à 5 ans après la plantation pour un arbre greffé), vous pourrez profiter de délicieuses cerises au début ou au milieu de l’été, selon la variété et les conditions météorologiques.
- Récolte : Les cerises se cueillent à pleine maturité pour bénéficier d’une saveur optimale. Elles ne poursuivent pas leur mûrissement après la cueillette, contrairement à certains fruits climactériques comme la pomme. Cueillez-les de préférence le matin, lorsque la fraîcheur conserve leur fermeté.
- Conservation : Les cerises sont des fruits fragiles. Elles se conservent quelques jours dans le bac à légumes du réfrigérateur, mais il est préférable de les consommer rapidement ou de les transformer (confiture, sirop, tarte, clafoutis). Les variétés acides se prêtent particulièrement bien à la réalisation de conserves.
- Dégustation : Les cerises douces se dégustent fraîches, à croquer directement dans l’arbre ou dans une salade de fruits. Les griottes sont souvent réservées aux préparations culinaires : muffins, confitures, gelées, clafoutis, sirops, liqueurs (fameuse guignolet), etc.
Aménager l’environnement autour du cerisier
Pour favoriser la bonne santé et la pollinisation de votre cerisier, vous pouvez planter aux alentours des fleurs et herbes mellifères ou répulsives pour certains ravageurs : bourrache, capucine, souci, œillet d’Inde, romarin, lavande, etc. En plus d’attirer les insectes bénéfiques, ces plantes procurent un couvert végétal protecteur et embellissent le jardin.
Songez également à l’espace dont disposera votre cerisier à l’âge adulte. Un cerisier de plein vent peut occuper un diamètre de plus de 6 mètres. Respectez donc les distances de plantation (idéalement 8 à 10 mètres entre deux arbres de plein vent) afin d’éviter la compétition racinaire et les problèmes d’ensoleillement.
La patience, clé du succès
Un cerisier ne donne pas une abondante production de cerises dès la première année. Il faut généralement attendre 3 à 5 ans pour commencer à récolter, et la production atteint son apogée au fil des années suivantes. Planter un cerisier, c’est accepter de se projeter dans le futur, de nourrir et d’entretenir son arbre pour qu’il puisse un jour nous rendre la pareille sous forme de savoureux fruits.
Cet apprentissage de la patience vous permettra aussi de développer une meilleure compréhension du cycle végétatif, de la nature du sol et de l’équilibre écologique de votre jardin. Plus vous consacrerez de temps à observer et à soigner votre cerisier, plus vous serez en mesure d’anticiper ses besoins et de résoudre rapidement les petits soucis qui pourraient survenir.
Le mot de la fin
Planter un cerisier est un acte à la fois simple et engageant sur le long terme. De la sélection de la variété à l’entretien annuel, chaque étape compte pour instaurer les meilleures conditions de croissance. Une exposition ensoleillée et abritée du vent, un sol bien préparé et drainé, un choix judicieux du porte-greffe, une plantation réalisée hors période de gel, puis un suivi attentif (arrosage, paillage, taille, surveillance des maladies) sont les piliers d’un cerisier épanoui.
Lorsque l’arbre fleurit pour la première fois, c’est un spectacle enchanteur qui annonce la promesse de délicieuses cerises. Et lorsque les fruits arrivent à maturité, l’effort fourni durant les mois précédents s’avère pleinement récompensé. Cultiver un cerisier ne se résume pas à la simple récolte des fruits : c’est aussi créer un espace de vie pour la biodiversité, profiter de l’ombre d’un feuillage généreux en été, et embellir le jardin d’une magnifique floraison printanière.
En fin de compte, la réussite tient dans la régularité et l’observation. Un cerisier bien planté et régulièrement entretenu peut prospérer durant plusieurs décennies, devenant un élément fort de votre paysage familial. Son ombrage et ses fruits sucrés ou acidulés font le bonheur des petits et des grands, tandis que sa floraison délicate émerveille chaque printemps.
N’hésitez donc pas à franchir le pas et à planter un cerisier dans votre jardin. Vous bénéficierez, dans les années à venir, d’un arbre à la fois ornemental et productif, dont la présence vous connectera profondément aux rythmes saisonniers de la nature.
Bonne plantation !
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