Que faire au potager ?

Supprimer le gui sur les arbres

Supprimer le gui sur les arbres

Le gui, aussi appelé Viscum album, est un végétal parasite bien connu pour s’installer sur diverses espèces d’arbres. Il se remarque facilement grâce à ses boules vertes qui persistent même quand l’arbre-hôte est dépourvu de feuilles en hiver. Malgré son apparence parfois considérée comme « décorative » et son aura quasi mystique dans certaines traditions (on le retrouve notamment dans certaines coutumes liées aux fêtes de fin d’année), le gui constitue un véritable parasite pouvant affaiblir sérieusement les arbres colonisés. Pour le jardinier ou le propriétaire d’un verger, la question de la suppression du gui sur les arbres est cruciale : comment le reconnaître, quand et comment l’éliminer, et surtout comment prévenir sa réapparition ?

Qu’est-ce que le gui ?

Description botanique

Le gui (Viscum album) est un arbuste hémiparasite de la famille des Santalacées. « Hémiparasite » signifie qu’il effectue sa photosynthèse grâce à ses propres feuilles, mais qu’il puise également l’eau et certains éléments nutritifs dans l’arbre-hôte. On le reconnaît généralement à ses touffes denses de couleur vert clair à vert foncé, souvent arrondies, qui peuvent atteindre 30 à 50 centimètres de diamètre, voire plus pour les plus anciens.

Il porte des feuilles opposées, épaisses et coriaces, généralement allongées et arrondies à l’extrémité. Ses fruits sont des petites baies blanches, légèrement translucides, qui apparaissent généralement en hiver. À l’intérieur de ces baies se trouvent des graines enveloppées d’une substance gluante, la « viscine », qui favorise leur adhésion aux branches des arbres lorsque les oiseaux les disséminent.

Mode de vie parasitaire

Contrairement aux plantes entièrement parasites (comme le cuscute), le gui pratique la photosynthèse. Son parasitisme se concentre donc sur l’absorption de l’eau et des sels minéraux directement dans le système vasculaire de l’arbre-hôte. Pour ce faire, il développe un organe particulier appelé « suçoir » ou haustorium, qui pénètre dans les tissus de l’arbre et lui permet de puiser ce dont il a besoin.

Cette relation, bien que partiellement autonome du point de vue de la photosynthèse, peut considérablement affaiblir l’arbre touché. En effet, plus le gui se développe, plus il augmente la consommation de sève. Au fil du temps, cela peut provoquer un stress hydrique et nutritif chez l’arbre, d’autant plus s’il est déjà affaibli par d’autres facteurs (vieillesse, maladies, sécheresses, etc.).

Répartition et arbres-hôtes

Le gui est très répandu en Europe, et on le retrouve surtout dans les régions tempérées. Ses arbres-hôtes préférés sont principalement :

  • Les pommiers, poiriers et d’autres fruitiers comme le prunier ou le néflier.
  • Les peupliers et certains saules.
  • Les tilleuls et les érables.
  • Les aubépines dans les haies champêtres.
  • Les pins, sapins et autres conifères, même si c’est plus rare pour certaines sous-espèces de gui (comme le gui du pin).

Les infestations se multiplient dans les zones où la présence d’oiseaux vecteurs (grives, merles, etc.) est importante, puisque ce sont eux qui disséminent les graines en mangeant ou en transportant les baies.

Pourquoi vouloir supprimer le gui sur les arbres ?

Un affaiblissement progressif de l’arbre

La principale raison qui pousse la plupart des jardiniers et arboriculteurs à vouloir supprimer le gui, c’est qu’il fatigue l’arbre. L’hôte se retrouve privé d’une partie de son eau et de ses minéraux, ce qui peut compromettre sa vigueur. Si un arbre est déjà en mauvaise santé ou fait face à d’autres parasites, champignons ou maladies, l’installation du gui ne fait qu’aggraver la situation.

Même si certains arbres peuvent cohabiter avec quelques boules de gui, il est recommandé d’intervenir dès que leur nombre devient important, ou lorsque les arbres sont fragilisés.

Impact sur la production fruitière

Pour les arbres fruitiers, l’enjeu est encore plus clair. Un pommier, par exemple, qui doit soutenir plusieurs touffes de gui, verra sa production de fruits diminuer et pourra même déclarer d’autres maladies plus facilement (comme la tavelure, l’oïdium, etc.) du fait de l’affaiblissement général.

Risque structurel et stress en période de sécheresse

Lors d’étés secs et caniculaires, la concurrence pour l’eau entre le gui et l’arbre-hôte augmente sensiblement. Les branches parasitées sont plus susceptibles de se dessécher ou de se briser. Dans certains cas, si le gui est très abondant, son poids peut également fragiliser les branches, surtout quand celles-ci sont plus fines.

Quand faut-il supprimer le gui ?

La période idéale

En général, la période la plus propice pour supprimer le gui se situe en fin d’automne ou en hiver (hors périodes de gel intense). À ce moment-là, la plupart des arbres à feuilles caduques ont perdu leurs feuilles, ce qui rend le gui très facile à repérer. De plus, la sève est moins abondante dans les branches, et l’activité physiologique de l’arbre est réduite, ce qui limite les risques de blessures et les écoulements de sève importants.

Cela ne signifie pas qu’on ne peut pas l’enlever à d’autres moments, mais l’hiver facilite la tâche pour voir toutes les touffes, et permet également à l’arbre de mieux se remettre de l’opération.

Surveillance continue

Cependant, il est conseillé d’inspecter régulièrement ses arbres tout au long de l’année. Dès qu’une jeune pousse de gui est repérée, il est souvent plus simple de la supprimer immédiatement avant qu’elle ne forme une touffe plus volumineuse et plus profondément enracinée dans le bois.

Comment supprimer le gui ?

Supprimer le gui de vos arbres est une opération cruciale pour préserver leur santé, leur vitalité et, dans le cas des fruitiers, leur rendement. Le choix de la méthode à employer dépend de plusieurs facteurs : la taille et le nombre de touffes de gui, l’espèce d’arbre parasité, l’accessibilité des branches, l’ampleur de l’infestation et l’état général de la plante-hôte.

Dans cette section, nous allons explorer en profondeur les différentes méthodes disponibles, en passant par la traditionnelle coupe manuelle (ou échenillage), la taille plus radicale de la branche parasitée, et la question délicate de la lutte chimique. Nous verrons également comment éviter la propagation du gui dans votre jardin ou verger.

La coupe manuelle (échenillage)

La technique la plus répandue et la plus écologique pour supprimer le gui consiste à effectuer une coupe manuelle de la boule parasitaire, le plus près possible de son point d’ancrage sur la branche. Cette opération est souvent désignée sous le terme d’« échenillage ». Elle peut être réalisée à l’aide d’un sécateur, d’une scie arboricole ou encore d’un échenilloir pour les branches situées en hauteur.

Pourquoi privilégier cette méthode ?

  • Elle ne nécessite aucun produit chimique ni traitement agressif pour l’arbre.
  • Elle permet de contrôler visuellement la zone de coupe et de vérifier qu’aucune partie du gui ne subsiste.
  • Elle est peu coûteuse en équipement : un bon sécateur ou une scie arboricole de qualité (et un échenilloir en cas de branches hautes) suffisent dans la plupart des cas.

Les outils indispensables

  1. Le sécateur : idéal pour les petites touffes de gui sur des branches de faible diamètre. Choisissez un sécateur bien affûté et propre, afin de faire une coupe nette et d’éviter toute contamination éventuelle (champignons, bactéries).
  2. La scie arboricole : recommandée pour les branches plus épaisses ou si la base du gui est un peu lignifiée (ligneuse). Les scies arboricoles sont conçues pour couper proprement le bois vert sans trop l’éclater.
  3. L’échenilloir : outil muni d’une lame actionnée par une corde ou un mécanisme à ressort, attaché à un manche télescopique ou à un perche. Il est indispensable pour atteindre des branches en hauteur sans avoir à monter à l’échelle, réduisant ainsi les risques de chute.

Veillez à toujours désinfecter vos outils avant et après usage, surtout si vous suspectez la présence d’autres maladies ou parasites dans le jardin. Un passage dans de l’alcool à 70° ou un trempage rapide dans une solution javellisée (puis un rinçage et un séchage) aident à prévenir toute propagation de pathogènes.

Étapes principales de l’échenillage

  1. Localiser la boule de gui : Durant la saison hivernale, le gui est particulièrement facile à repérer sur les arbres à feuilles caduques, car ses boules vertes persistent alors que l’arbre est dénudé. En période de végétation, il peut être masqué par le feuillage, mais la teinte plus claire de ses feuilles permet souvent de le distinguer.
  2. Repérer son point d’ancrage : Le gui est inséré sur la branche à l’aide de suçoirs (ou haustoria) qui pénètrent dans le bois. Souvent, on voit un renflement ou une boursouflure à l’endroit où le gui s’implante.
  3. Couper la touffe : L’objectif est de retirer la boule de gui à quelques centimètres au-dessus de la zone d’insertion, généralement 2 à 3 centimètres. Cette précaution limite les blessures sur la branche tout en maximisant la chance de retirer la quasi-totalité du tissu parasitaire.
  4. Inspecter la plaie : Une fois la boule coupée, examinez minutieusement la plaie. Si vous remarquez encore un début de suçoir à l’intérieur de la branche, vous pouvez délicatement l’ôter, soit avec la pointe du sécateur, soit en raclant avec un outil fin. L’important est de ne pas trop creuser pour ne pas fragiliser l’écorce et le bois sous-jacent.
  5. Éventuellement protéger la coupe : Pour des branches de plus gros diamètre, certains jardiniers conseillent d’appliquer un mastic cicatrisant ou un baume protecteur. Cela est toutefois sujet à débat : certaines écoles de l’arboriculture estiment que l’arbre peut se défendre seul en formant un cal naturel. Cela dépend de la sensibilité de l’espèce et de la profondeur de la coupe.

Pourquoi enlever la partie insérée dans le bois ?

Le gui étant un hémiparasite, il ne se contente pas de se fixer superficiellement : il envoie des structures spécialisées (les haustoria) dans le bois de l’arbre-hôte pour puiser eau et minéraux. Si vous ne retirez que la boule de gui en surface, la probabilité de repousse est élevée. En laissant ne serait-ce qu’une petite portion de ces suçoirs, un nouveau développement pourra se manifester l’année suivante.

Il est cependant crucial de trouver un juste milieu : si vous creusez trop en essayant d’extraire chaque fragment du parasite, vous risquez de créer une plaie béante qui affaiblira la branche. Une bonne pratique consiste à couper la boule au ras, à enlever la plus grande partie possible du suçoir, puis à surveiller la cicatrisation dans les mois suivants.

Fréquence et récurrence de l’échenillage

Même si vous avez réalisé un échenillage soigné, restez vigilant. Le gui peut réapparaître s’il reste des fragments ou si l’arbre subit de nouvelles contaminations via les oiseaux. Il est donc conseillé de vérifier régulièrement (au moins une à deux fois par an) l’état des branches. S’il y a la moindre repousse, intervenez tôt, tant que le gui est encore jeune et facile à enlever.

La taille de la branche parasitée

Quand opter pour la taille radicale ?

Dans certains cas, le gui est tellement incrusté dans le bois (touffe ancienne, multiples points de fixation) ou l’arbre est déjà affaibli, rendant toute tentative d’échenillage complexe. Dans ces situations, il peut être préférable de couper complètement la portion de branche concernée.

Voici quelques scénarios où cette méthode peut s’avérer judicieuse :

  • La branche est de petit diamètre et ne constitue pas un élément essentiel de la structure de l’arbre.
  • L’arbre est un sujet âgé déjà parasité par plusieurs touffes de gui depuis longtemps, et la branche en question se révèle moribonde ou partiellement morte.
  • Il existe un risque de propagation à d’autres branches voisines si l’on ne supprime pas radicalement le foyer initial.

Comment procéder à une coupe « propre » ?

Lorsqu’on retire une branche entière, il est important d’effectuer la coupe au bon endroit pour ne pas fragiliser le houppier ou le tronc. En général, on préconise de couper :

  • Soit au niveau d’une fourche, afin de préserver une branche latérale et maintenir une bonne structure aérienne.
  • Soit juste au-dessus d’un bourgeon vigoureux ou d’une petite branche secondaire, pour que l’arbre puisse reformer un houppier équilibré.

Dans le cas d’une grosse branche, on effectue souvent une technique de « coupe en trois temps » pour éviter l’arrachement d’écorce :

  1. Une première entaille sous la branche, à quelques centimètres du point où vous souhaitez la couper définitivement.
  2. Une seconde entaille sur le dessus de la branche, un peu plus loin, pour faire tomber le morceau de branche sans déchirer les fibres.
  3. Enfin, la coupe finale au ras de l’écorce (en respectant le col de la branche, cette zone légèrement renflée à la base) ou de la fourche afin de laisser une plaie nette.

Une fois la branche coupée, vous pouvez également choisir d’appliquer un mastic cicatrisant, notamment si le diamètre est important ou si l’arbre est sensible.

Inconvénients et précautions

La taille radicale n’est pas sans conséquences. Supprimer une branche entière peut :

  • Diminuer la capacité de photosynthèse de l’arbre (moins de feuilles, donc moins d’énergie produite).
  • Réduire temporairement la production de fruits chez les arbres fruitiers.
  • Déséquilibrer la silhouette ou la structure de l’arbre, surtout si les branches taillées sont volumineuses ou bien positionnées.

C’est pourquoi il faut peser le pour et le contre. Dans certains cas, il est plus avantageux d’effectuer une coupe manuelle du gui même si celui-ci risque de repousser légèrement, plutôt que de sacrifier des branches structurantes.

Éviter la propagation du gui

Pourquoi le gui se propage-t-il si facilement ?

Le gui a pour principal vecteur de dispersion les oiseaux frugivores (merles, grives, etc.) qui consomment ses petites baies blanches et collantes. Lorsqu’ils s’en nourrissent, ils peuvent recracher ou excréter les graines non digérées sur une autre branche. De plus, certaines baies restent collées au bec ou aux pattes, puis tombent ailleurs lors du déplacement de l’oiseau.

Conséquences : Un seul arbre bien parasité peut devenir le point de départ d’infestations dans tout le voisinage, car les oiseaux vont naturellement voyager et disséminer le gui à distance.

Que faire des rameaux coupés ?

Lorsque vous intervenez pour couper le gui, il est essentiel de ne pas laisser traîner les parties parasitées à même le sol ou sur les branchages voisins. Voici les règles de base :

  1. Ramasser immédiatement les touffes tombées, en particulier si elles contiennent encore des baies.
  2. Les éliminer ou les composter : le compostage peut être une solution si votre tas de compost monte en température suffisamment haute pour neutraliser les graines (au moins 60-65°C de manière régulière). Dans le doute, il peut être préférable de brûler les déchets ou de les jeter avec les déchets verts si votre commune dispose d’un dispositif de traitement adapté.
  3. Vérifier les alentours : des baies de gui peuvent être tombées ou projetées sur d’autres branches. Si elles restent collées et que des oiseaux les trouvent, il y a un risque d’implantation de nouvelles pousses.

Surveiller les arbres voisins

Si vos arbres sont régulièrement infestés, jetez un œil aux haies et aux arbres environnants : ceux du voisinage, ceux des espaces publics proches, etc. Le gui peut facilement revenir sur vos arbres si l’environnement proche regorge de boules de gui non traitées. Dans certains endroits, des campagnes de lutte collective sont organisées (par des communes, des associations ou des groupements d’arboriculteurs) pour écheniller simultanément sur de nombreux arbres, minimisant ainsi le risque de recontamination rapide.

Encourager un bon état sanitaire général

En plus de l’échenillage, il est capital de maintenir les arbres en bonne santé :

  • Apporter un amendement organique ou un engrais naturel (compost, fumure) pour soutenir la vigueur de l’arbre.
  • Arroser en période de sécheresse (notamment pour les jeunes sujets ou les espèces plus fragiles).
  • Tailler régulièrement pour éviter que l’arbre ne s’affaiblisse, et pour repérer rapidement toute apparition de gui.
  • Surveiller la présence d’autres ravageurs (pucerons, chenilles, champignons, etc.) qui pourraient cumuler leurs effets néfastes avec ceux du gui.

Un arbre vigoureux aura plus de ressources pour supporter un parasitisme temporaire, alors qu’un arbre déjà stressé sera beaucoup plus impacté.

Les erreurs fréquentes à éviter

Couper trop superficiellement

Si vous ne coupez que la boule de gui en surface, sans enlever la partie insérée dans le bois, la repousse est quasi inévitable. Il faut donc prendre la précaution d’aller un peu plus en profondeur au niveau de l’insertion, tout en évitant de blesser gravement la branche.

Laisser la branche dépourvue de protections

Après une coupe plus importante (par exemple si vous sectionnez une branche de gros diamètre), il est conseillé d’appliquer un mastic cicatrisant ou un baume protecteur à la surface de la plaie. Certains arboriculteurs considèrent que l’arbre est capable de se défendre seul en formant du cal cicatriciel, mais pour certaines essences plus sensibles, un produit de cicatrisation peut être un atout.

Ignorer les repousses

Le gui a une forte capacité de regénération. Même si l’opération de coupe a l’air d’avoir été bien réalisée, il est judicieux de surveiller l’arbre lors des saisons suivantes pour intervenir immédiatement si le parasite réapparaît.

Prévenir l’apparition du gui

Maintenir un arbre en bonne santé

Un arbre vigoureux est toujours plus apte à résister aux maladies et aux parasites. Cela passe par :

  • Une taille d’entretien régulière et adaptée à l’espèce.
  • Un apport en matière organique (compost, engrais naturel) pour maintenir la fertilité du sol.
  • Un arrosage adéquat en période de sécheresse.
  • Une bonne aération du houppier pour éviter un trop grand entassement de branches (pratique surtout valable pour les fruitiers).

Même si le gui peut s’installer sur un arbre en pleine forme, sa prolifération sera souvent plus facile sur un sujet déjà affaibli.

L’importance de la biodiversité

Les oiseaux sont les principaux vecteurs de dissémination. Il est évidemment impossible (et non souhaitable) d’éliminer la faune aviaire de son jardin. En revanche, on peut encourager d’autres prédateurs naturels d’insectes ravageurs ou de parasites, diversifier les espèces végétales pour éviter les monocultures qui attirent massivement certains parasites, etc.

Concernant le gui, certains oiseaux, comme la mésange, peuvent picorer des insectes dans la boule de gui et, ce faisant, limiter indirectement son expansion en altérant sa structure. Ce ne sera jamais une solution miracle, mais un écosystème équilibré crée souvent un contexte moins favorable à la prolifération incontrôlée d’un seul parasite.

Contrôler l’humidité et la densité de plantation

Dans un verger ou un jardin trop dense, où les branches des arbres se touchent, la propagation des parasites (dont le gui) peut être facilitée. Les oiseaux, en sautant d’une branche à l’autre, disperseront les baies de gui plus facilement. En aérant votre plantation, vous rendez la tâche plus complexe à ces dispersions rapprochées.

Le gui : un parasite totalement nuisible ou un élément de biodiversité ?

Le gui dans les écosystèmes

Il est vrai que le gui est un parasite qui peut nuire à un arbre affaibli. Cependant, comme beaucoup d’éléments naturels, il joue aussi un rôle dans l’écosystème :

  • Ses baies nourrissent différents oiseaux l’hiver (grives, merles, certains passereaux).
  • Ses touffes peuvent servir d’abri à de petits oiseaux et insectes.

Ainsi, tant que le gui n’envahit pas de manière excessive un arbre, il est parfois toléré dans certains espaces naturels ou parcs, car il contribue à la biodiversité locale.

Faire la part des choses

Dans un contexte d’exploitation fruitière, la suppression est souvent justifiée pour préserver la productivité et la santé du verger. Dans un jardin ornemental ou un espace naturel, il est possible de tolérer la présence de quelques boules de gui, tant qu’elles ne mettent pas l’arbre en péril.

Cas pratiques et témoignages

Les fruitiers de pommiers anciennement infestés

Imaginez un vieux pommier centenaire qui développe plusieurs boules de gui de façon progressive sur la partie haute de son houppier. Les premières années, la production de fruits reste correcte. Au bout de quelque temps, on remarque une diminution de la fructification, et certaines branches commencent à se nécroser.

Dans un tel cas, le propriétaire du pommier observe que l’échenillage superficiel (simple coupe du gui au ras de la boule) ne suffit pas : les touffes repoussent parfois dès l’année suivante. Après s’être renseigné, il décide de tailler plus sévèrement les branches touchées pour extraire complètement les suçoirs. Même si cela diminue momentanément la ramure, l’arbre récupère en santé l’année suivante et produit à nouveau davantage de fruits.

8.2 Peuplier et gestion d’une haie riveraine

Dans une haie mixte longeant un cours d’eau, quelques peupliers se sont retrouvés colonisés par le gui. Le gestionnaire de la haie, conscient de l’intérêt écologique du lieu, a choisi de laisser quelques boules de gui en hauteur, là où elles ne risquent pas de fragiliser de façon critique la structure de l’arbre. En revanche, les boules les plus basses et les plus grosses, jugées à risque, sont systématiquement retirées. Cela permet un compromis entre la préservation d’un élément de biodiversité et la protection de l’arbre.

Que faire si le gui est très envahissant ?

Multiplier les interventions

Si vous faites face à une forte infestation de gui, une seule intervention peut ne pas suffire. Il peut être nécessaire de procéder à un échenillage chaque année, sur plusieurs années consécutives, pour réellement contenir le parasite et empêcher qu’il ne s’installe de nouveau.

Penser à l’abattage dans les cas extrêmes

Dans de rares cas, quand un arbre est très âgé, déjà malade, et que le gui a provoqué de multiples branches mortes ou affaiblies, la seule solution peut être l’abattage de l’arbre. Cela évite que le gui ne se propage aux sujets environnants, tout en supprimant un arbre potentiellement dangereux (risque de chutes de branches).

C’est une décision lourde à prendre, surtout s’il s’agit d’un arbre remarquable ou d’un fruitier ancien chargé d’histoire. Mais si les coupes répétées n’ont pas donné de résultats et que la structure de l’arbre est compromise, mieux vaut envisager un remplacement par un jeune arbre sain.

Conseils supplémentaires pour un entretien optimal

Utiliser du matériel désinfecté

Lorsque vous utilisez un sécateur ou toute autre lame pour tailler des branches parasitées (gui ou autre pathogène), il est crucial de désinfecter vos outils avant et après usage. Une solution d’alcool à 70° ou de l’eau de javel diluée (en rinçant bien par la suite) fait l’affaire. Cela évite de propager des maladies d’un arbre à l’autre.

Adopter une vision à long terme

La suppression du gui ne se résume pas à une intervention ponctuelle. Il est important de maintenir un programme d’inspection régulier, de limiter les facteurs de stress pour l’arbre (manque d’eau, carences, blessures mal cicatrisées) et d’avoir un plan de lutte préventive dans le cadre général de l’entretien du jardin ou du verger.

Les traditions autour du gui : entre superstition et réalité horticole

Le gui est depuis longtemps chargé de symboles et de légendes. Les druides celtes lui accordaient une grande importance, le considérant comme une plante sacrée aux vertus protectrices. Dans certaines régions, on place encore du gui dans la maison pour porter bonheur pendant les fêtes de fin d’année.

Cependant, il est essentiel de distinguer ces traditions de la réalité horticole et écologique. L’aspect décoratif ou symbolique du gui ne doit pas faire oublier son caractère parasitaire. Certains jardiniers aiment conserver quelques boules de gui en hauteur pour garder le charme hivernal de l’arbre et orner la maison à Noël, tout en veillant à ce que cela ne nuise pas gravement à la santé de l’arbre.

Le mot de la fin

Supprimer le gui sur les arbres est une opération nécessaire lorsqu’il s’agit de préserver la santé d’un arbre ou la production d’un verger. Le gui, malgré son esthétique hivernale et son rôle dans la biodiversité, reste un parasite potentiellement dangereux pour un arbre fragilisé. Les méthodes de lutte reposent principalement sur une intervention manuelle (échenillage) et la surveillance régulière.

Il faut chercher un équilibre entre la préservation de la biodiversité et la protection des arbres. Dans un jardin ornemental ou un parc naturel, laisser quelques boules de gui peut avoir un intérêt écologique et esthétique, pour autant qu’on surveille la situation afin d’éviter toute prolifération incontrôlée. Dans un verger ou pour des arbres déjà affaiblis, l’éradication systématique reste de mise.

En somme, la clé pour un bon entretien est la vigilance. En supprimant le gui au bon moment, en faisant attention à bien enlever toutes les parties incrustées, et en surveillant régulièrement l’arbre, on peut limiter ses effets néfastes. Surtout, on évite de recourir à des solutions chimiques souvent peu concluantes et néfastes pour l’environnement.

Enfin, n’oublions pas que l’entretien de nos arbres ne se limite pas au gui. Taille régulière, arrosage, fertilisation, contrôle d’autres parasites (pucerons, chenilles, champignons pathogènes, etc.) font partie de l’ensemble des soins nécessaires à la santé et à la longévité de vos arbres.

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