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Planter un abricotier

Planter un abricotier

L'abricotier (Prunus armeniaca) est un arbre fruitier prisé pour ses délicieux fruits estivaux, riches en saveurs et en nutriments. Originaire d’Asie centrale, il s’est parfaitement acclimaté aux climats doux et ensoleillés de nos régions. Planter un abricotier dans son jardin, c’est s’assurer des récoltes gourmandes chaque été pendant de nombreuses années. Cependant, pour qu’il donne le meilleur de lui-même, il est essentiel de respecter certaines étapes clés lors de sa plantation. Découvrons ensemble tout ce qu’il faut savoir pour réussir la culture d’un abricotier.

Pourquoi planter un abricotier ?

Avant d'entrer dans le vif du sujet, rappelons les multiples avantages de l'abricotier :

  • Des fruits savoureux : l'abricot, fruit estival par excellence, est à la fois sucré, parfumé et riche en vitamines A et C.
  • Un arbre décoratif : au printemps, l’abricotier offre une magnifique floraison blanche à rosée, très décorative.
  • Une culture durable : bien planté et bien entretenu, un abricotier peut vivre plus de 50 ans et produire abondamment.
  • Peu d’entretien : après la phase d’installation, c’est un arbre relativement autonome, résistant à la sécheresse et aux maladies si les conditions lui sont favorables.

Quelles variétés d’abricotiers choisir ?

Voici quelques variétés adaptées à différents climats :

  • ‘Bergeron’ : rustique, adapté aux régions du Nord et Est, récolte en juillet.
  • ‘Luizet’ : parfait pour les confitures, il résiste bien au froid.
  • ‘Royal’ : précoce et savoureux, idéal pour les climats doux.
  • ‘Polonais’ : adapté aux zones froides, il produit des fruits sucrés et parfumés.

Pensez à vérifier la rusticité et les besoins spécifiques de chaque variété avant achat.

Quelle est la meilleure période pour planter un abricotier ?

Le moment idéal pour planter un abricotier dépend de son mode de culture :

  • En racines nues : privilégiez la plantation de novembre à mars, hors périodes de gel.
  • En conteneur : il peut être planté presque toute l’année, mais le printemps (mars-avril) et l’automne (septembre-octobre) sont les périodes les plus propices pour faciliter l’enracinement.

Évitez les périodes de fortes chaleurs et de gel intense pour maximiser ses chances de reprise.

Où planter un abricotier ?

L’exposition et le sol sont deux critères primordiaux pour la réussite de votre plantation.

Exposition idéale :

L’abricotier est un arbre méditerranéen dans l’âme. Il a besoin :

  • D’une exposition plein sud, pour profiter d’un maximum de soleil.
  • D’un emplacement abrité des vents froids, idéalement près d’un mur ou d'une haie brise-vent.

Qualité du sol :

  • Drainant : l’abricotier déteste l’humidité stagnante. Un sol argileux compact sera à proscrire ou à améliorer.
  • Léger et profond : il apprécie particulièrement les sols sablo-limoneux.
  • Peu acide à neutre, avec un pH compris entre 6,5 et 7,5.

Si votre sol est lourd, pensez à améliorer le drainage en incorporant du sable ou du gravier dans la fosse de plantation.

Faut-il planter plusieurs abricotiers pour avoir des fruits ?

La plupart des abricotiers sont autofertiles, ce qui signifie qu’un seul arbre suffit pour obtenir des fruits. Toutefois, la présence d’une autre variété à proximité peut parfois améliorer la fructification.

Comment planter un abricotier ? Étapes détaillées

La plantation d’un abricotier est une opération délicate, qui conditionne la bonne reprise de l’arbre et ses futures récoltes. Une attention particulière doit être portée à chaque étape pour offrir à votre abricotier un environnement optimal dès ses premiers jours dans votre jardin. Voici un guide complet et précis pour réussir cette étape cruciale.

Étape 1 : Préparer la fosse de plantation

La préparation du trou est fondamentale. Il ne suffit pas de creuser rapidement un petit espace, mais bien de créer un véritable cocon pour les racines.

  • Dimensions idéales : creusez une fosse d’environ 60 cm de profondeur et 60 cm de largeur. Cela permet aux jeunes racines de s’étendre facilement et favorise une bonne aération du sol autour du système racinaire.
  • Astuce : si votre sol est compact ou argileux, il est judicieux d’élargir encore un peu la fosse (jusqu’à 80 cm de large) pour éviter que l’eau ne stagne et limiter le risque d’asphyxie des racines.
  • Nettoyage : retirez soigneusement les cailloux, racines mortes et mauvaises herbes qui pourraient gêner la croissance.

Pourquoi cette étape est-elle essentielle ?
Un sol bien préparé facilite l’enracinement, améliore la circulation de l’eau et de l’air et offre une réserve nutritive qui soutiendra l’arbre lors de ses premières années.

Étape 2 : Amender le sol

Un bon sol, c’est la base d’un abricotier en pleine forme. L’objectif est d’enrichir la terre extraite pour qu’elle soit nutritive, drainante et vivante.

  • Compost mûr ou fumier bien décomposé : ajoutez environ 5 à 10 kg pour nourrir le sol. Attention : le fumier doit être parfaitement composté, car du fumier frais risquerait de brûler les jeunes racines.
  • Sable grossier (si sol lourd) : incorporez-en à hauteur de 20 % du volume total pour alléger la texture du sol et faciliter le drainage.
  • Corne broyée : ajoutez une poignée (environ 100 g). Cet engrais organique libère lentement de l’azote, essentiel pour un bon démarrage racinaire sans excès.
  • Astuce pro : vous pouvez également intégrer un peu de poudre de roche ou de basalte pour enrichir le sol en oligo-éléments et renforcer la santé de l’arbre.

Mélangez bien le tout avec la terre extraite pour homogénéiser l’ensemble.

Étape 3 : Positionner l’arbre

Le positionnement de l’abricotier dans la fosse doit être réfléchi et précis pour assurer sa croissance harmonieuse.

  • Point de greffe visible : vérifiez que le point de greffe (petite boursouflure située à la base du tronc) reste 5 cm au-dessus du niveau du sol final. S’il est enterré, cela pourrait favoriser des maladies ou faire disparaître les caractéristiques de la variété greffée.
  • Racines bien étalées : si l’arbre est en racines nues, disposez-les délicatement dans le fond du trou, en éventail, sans qu’elles se croisent ou se replient sur elles-mêmes. Si vous plantez un arbre en conteneur, démêlez légèrement les racines autour de la motte pour éviter qu’elles ne tournent en cercle.
  • Orientation : si votre arbre était habitué à une exposition particulière en pépinière, respectez-la pour limiter le stress du transplant. Demandez conseil à votre pépiniériste !

Conseil : si votre sol est sec au moment de la plantation, réalisez un pralinage des racines (bain de boue enrichie en argile et compost) avant la mise en terre. Cela protège les racines et favorise leur reprise.

Étape 4 : Reboucher et tasser

Maintenant que l’arbre est bien positionné :

  1. Remplissez la fosse progressivement avec le mélange terreux enrichi préparé à l’étape 2.
  2. Tassez délicatement la terre avec vos mains ou vos pieds à chaque tiers du remplissage pour éliminer les poches d’air, qui pourraient dessécher certaines racines.
  3. Formez une petite cuvette autour du pied de l’arbre pour canaliser l’eau d’arrosage directement vers les racines lors des prochains arrosages.

Attention à ne pas trop tasser non plus : le sol doit rester aéré pour permettre une bonne circulation de l’eau et de l’air.

Étape 5 : Arroser généreusement

Juste après la plantation, un arrosage copieux est indispensable, même si le sol semble humide.

  • Quantité : prévoyez entre 20 et 30 litres d’eau pour bien humidifier toute la zone racinaire.
  • Pourquoi arroser abondamment ? Cela permet à la terre de bien se placer autour des racines et favorise leur contact direct avec le substrat, limitant ainsi le stress hydrique.
  • Astuce : si la météo annonce du gel dans les jours suivants, il est préférable d’arroser légèrement pour ne pas saturer le sol en eau et éviter que l’humidité excessive ne gèle autour des racines.

Étape 6 : Installer un tuteur

Même si l’abricotier n’est pas un arbre particulièrement haut ou souple, il est prudent de le tuteurer lors des premières années, surtout s’il est exposé aux vents.

  • Type de tuteur : un piquet robuste en bois (traité naturellement) ou en métal galvanisé, d’environ 1,5 mètre de hauteur, planté à 30 cm du tronc côté vents dominants.
  • Fixation : attachez le tronc au tuteur à l’aide d’un lien souple et extensible, comme un collier spécial arboricole, sans trop serrer pour éviter d’abîmer l’écorce.
  • Durée : maintenez ce tuteur au minimum pendant 2 à 3 ans, jusqu’à ce que le système racinaire soit suffisamment développé pour stabiliser l’arbre par lui-même.

Petit plus : protection hivernale

Dans les régions aux hivers rigoureux, pensez à entourer le pied de l’abricotier avec un paillis épais (15 cm) de feuilles mortes, paille ou BRF. Cela protège les jeunes racines du gel et garde le sol vivant.

Entretien après plantation

Les soins apportés dans les mois qui suivent la plantation sont essentiels :

  • Arrosage : durant la première année, arrosez régulièrement en période sèche. Par la suite, l’arbre résistera bien à la sécheresse.
  • Paillage : installez un paillage organique (paille, écorce, tontes) pour conserver l’humidité et limiter la pousse des mauvaises herbes.
  • Taille : la taille se fait en automne ou en  hiver, hors périodes de gel. Elle permet de structurer l’arbre et de favoriser une bonne fructification.
Récolter les abricots

Quand récolter les abricots ?

La récolte des abricots a généralement lieu entre juin et août, selon les variétés et les régions. Le fruit doit être cueilli à maturité, lorsqu’il est tendre au toucher et dégage un parfum sucré.

Maladies et parasites de l’abricotier

Bien que résistant, l’abricotier peut être sujet à certaines maladies, notamment :

  • La moniliose : champignon qui fait pourrir les fruits.
  • Le coryneum : qui provoque des taches sur les feuilles.
  • Les pucerons : à surveiller au printemps.

En prévention, pratiquez une taille aérée, évitez les excès d’eau et traitez à la bouillie bordelaise en fin d’hiver si nécessaire.

En résumé

Planter un abricotier dans son jardin est un investissement judicieux pour qui cherche à allier plaisir gustatif et esthétisme. Avec ses besoins modérés et son incroyable générosité une fois adulte, cet arbre fruitier reste l’un des meilleurs choix pour les amateurs de vergers familiaux. En respectant les étapes de plantation, en choisissant une exposition idéale et en adaptant votre sol, vous profiterez pendant de longues années de savoureuses récoltes.

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