Être locavore

Être locavore

le Ma conversion locavore
Au cours de ses cinquante dernières années, les aliments que nous consommons ont de plus en plus parcouru de kilomètres, nos modes d’achat se sont déshumanisés. Pour contrer ces problèmes être locavore est devenu ma solution.

La filaire alimentaire est devenue totalement mystérieuse avec pour conséquences, l’impossibilité entre le consommateur et le producteur de se connaitre, d’échanger autour du produit, de se donner pourquoi pas des recettes, des astuces de cuisson ou échanger autour de la saisonnalité d’un produit.

Tout d’abord, le locavorisme n’est pas si nouveau. Dès le moyen Âge, les producteurs et les clients se retrouvent sur les marchés forains pour échanger en direct… mais la modernisation du commerce et l’explosion de la grande distribution dans les années 70 ont peu à peu distendu ses liens, en ajoutant de nombreux intermédiaires. Ce n’est que dans les années 2000, avec la crise de la vache folle et les scandales alimentaires qui suivront, que les consommateurs se réveillent et s’inquiètent, changeant petit à petit leurs habitudes ; car quoi de plus rassurant finalement que d’acheter directement au producteur que l’on connaît ? Aujourd'hui, on sait que 81 % des Français sont prêts à dépenser plus pour un produit s'il est local.

Le locavorisme c’est quoi ?

Le locavorisme est un mouvement qui prône la consommation de nourriture produite dans un rayon restreint autour de son domicile. On choisit donc d’acheter des produits aux producteurs locaux, on privilégie les produits frais et de saison et on favorise le maintien des populations sur le territoire. Exit donc les aliments qui arrivent de pays étrangers. Ce mouvement permet de réduire l’impact de l’alimentation sur l’environnement. Comment est-ce possible ? Si tu achètes tes carottes directement chez le producteur, tu es sûr qu’elles n’ont pas traversé l’océan en avion.

Les marchés, les regroupements de producteurs ou encore les marchés en vrac sont des solutions qui tentent de recréer ce lien et essayent de refondre les bases d’une économie alimentaire locale et saine.

Ces actions ne luttent pas aveuglément contre la grande distribution : elles proposent une véritable alternative à un système alimentaire mondialisé qui a perdu non seulement la dimension humaine, mais il faut aussi l'avouer, son bon sens.

On voit bien que cela va plus loin qu’une simple mode puisque dans les supermarchés, on retrouve de plus en plus des produits locavores rangés dans des rayons entiers dédiés aux produits locaux. Les petits commerçants commencent également à adopter ce mode de vie. De nombreux restaurants ont également adopté le mouvement et proposent des plats préparés à base de produits locaux. C’est donc qu’ils ont peur de voir se réduire les bénéfices.

Les étapes du locavorisme

La première chose à faire lorsque l’on souhaite devenir locavore, c’est de déterminer sa zone d’approvisionnement, de revoir sa géographie régionale et arrêter le périmètre dans lequel on peut faire ses provisions.

Les locavores établissent une zone dont le rayon varie de 50 à 200 km selon les régions. Aux États-Unis, la « norme » la plus connue est celle des 100 miles (environ 160 km). Tu peux utiliser une carte routière et un compas pour dessiner un rayon.

Après avoir révisé ta géographie, il est temps de passer à l’acte. Commence progressivement, à ton rythme. Si tu as l’habitude d’aller au supermarché et que tu trouves ça trop difficile de cesser d’y aller du jour au lendemain, essaye chaque semaine d’ajouter un produit local de saison à ton alimentation. Tu peux aussi décider de préparer chaque semaine un repas composé uniquement de produits locaux. Mais tu le verras, les centrales d’achat des grandes surfaces ne favorisent pas toujours les produits locaux et le régime locavore y est compliqué. Ce qui, si tu es motivé, devrait te pousser à les fréquenter de moins en moins !

N’hésite pas, si cela peut t’aider, à faire cette expérience avec des proches ou des amis, cela permet de ne pas se démotiver.

Garde en tête néanmoins qu’il n’y a pas véritablement de règles et que l’expérience est plutôt un challenge personnel. Si tu souhaites tenir dans le temps, tu peux adopter quelques exceptions à ta règle personnelle et t’autoriser des aliments provenant de loin. (Je ne bois pas de café et très peu de thé, … mais le café ne pousse pas sous nos climats …).

Pour les produits venants de plus loin (épices, chocolat, certaines légumineuses et certaines graines), je ne peux pas m’en passer, j’avoue, alors je privilégie les labels équitables pour soutenir à mon (petit) niveau leur économie.

En pratique

En réduisant le nombre d’intermédiaires, l’agriculture de proximité privilégie les circuits courts. En délaissant peu à peu les grandes chaînes d’alimentation, tu vas investir de nouveaux lieux. Marché de quartiers, épicerie fine ou en vrac, et les systèmes de paniers de légumes hebdomadaires (ou encore mieux des légumes de ton jardin), achat ou cueillette en direct à la ferme, etc. À toi de voir quelle formule te convient le mieux.

Cette phase est un peu phase d’enquête et de tâtonnement et ce n’est pas vraiment faux ! Mais à force de fréquenter les marchés, on noue des relations avec les producteurs. Même si ceux que tu apprécies ne suivent pas les normé de l’agriculture biologique, tu peux leur demander des précisions sur leur mode de travail (les produits viennent-ils d’une petite exploitation ? Sont-ils bio ? Issus d’une agriculture durable ? que trouve-t-on de saison ?). Certains te diront qu’ils sont en cours de reconversion d’autres répondront que les labels coutent très cher etc.

Les petits producteurs sont toujours beaucoup plus attentifs à la satisfaction des consommateurs et à la qualité de leurs produits : perdre un client représente une bien plus grosse perte pour eux que pour une multinationale ! Faire donc ses provisions dans ses circuits courts (en évitant donc les supermarchés) permet de construire, au fil du temps, des relations de confiance qui valent parfois tous les labels et packagings.

Tu verras au bout de quelques semaines, faire le marché ou aller chercher ton panier de légumes deviendra un rituel hebdomadaire beaucoup plus agréable que la corvée des courses. En plus de ça, chez les producteurs, les aliments sont plus frais et plus savoureux et tu n’iras plus dans les grandes surfaces que pour les produits autres que les courses alimentaires.

Ainsi peu à peu tu remarqueras que tu ne peux plus faire marche arrière. Mon premier patron-formateur me disait « le gout fidélise les consommateurs». Je parie que ton voyage culinaire au cœur de ton terroir ne te fera pas regretter le « tout-prêt » industriel.

Se réapproprier les saisons

Grace à la fréquentation de ces nouveaux lieux pour faire ses courses, c’est beaucoup plus simple. Tu vas peu à peu être soumis au rythme de la terre et des saisons. À bien y réfléchir, c’est déjà une peu le cas avec tes habits ? Alors pourquoi ne pas l’appliquer aussi à ton alimentation ?

Ceci étant, je te comprends … comment toujours résister aux étals alléchants de couleurs de certaines épiceries ou supermarchés ? Il faut cependant faire attention, sur les marchés certains revendeurs proposent parfois des produits venus de loin et qui ne sont pas de saison chez nous (les avocats, les bananes, les oranges) et quand je leur demande pourquoi ils ont de tels produits leur réponse est toujours la même : les consommateurs sont demandeurs !

Les limites du locavorisme

Déjà, le locavorisme ne doit pas être dénué de bon sens. Des aliments produits localement mais « hors-saison » sous serre chauffée consommeront toujours plus d’énergie et rejetteront plus de gaz à effet de serre que des produits importés de pays où ils sont cultivés en plein air, et ce même avec un long transport.

Exemple: une salade cultivée en Allemagne, sous serre, en hiver aura un bilan en terme de CO2 émis, de la production à la consommation, deux fois plus élevé que le même légume importé d'Espagne où il est cultivé en plein air !

De nouveaux concepts voient le jour et proposent notamment des dispositifs qui allient expertise, localité et véritable proximité. Par ce biais, ils limitent ainsi le coût énergétique du transport qui, nous le savons, représente environ 11% de l’impact environnemental d’un produit.

En conclusion

Pour résumer : un locavore favorise les aliments et produits locaux et de saison, ce qui permet de faire vivre les producteurs. Tu dégustes des produits de meilleure qualité et il y a moins d’impact sur l’environnement (comme le transport des aliments est réduit).

Comme tu l’as peut-être lu dans l’article sur le nouveau site, je vais lancer une série sur le locavorisme. Je vais chroniquer ma conversion tout au long de l’année 2020 avec de nombreuses astuces mais aussi mes déboires … On se retrouve donc tout bientôt pour une prochaine vidéo ou j’aborderai ma vision à moi et le départ de cette aventure.

D’habitude je dis … « Alors bon jardinage et à la prochaine ! » mais avec mes chroniques locavores je dis quoi ? si tu as des idées … dis-le.moi sur les réseaux sociaux.

Ciao Jeune-Pousse